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5 mars 2026

MANOEUVRES - rencontres en art perfomance aux Îles-de-la-Madeleine



Aux Îles-de-la-Madeleine, on apprend vite à manœuvrer. Composer avec le vent, les marées, les glaces, l’érosion. Lire les signes du territoire. Ajuster ses gestes. La manœuvre n’y est pas seulement une technique de navigation : c’est une manière d’être et d’habiter.

C’est dans cette résonance que naît Manœuvres, rencontre en art action aux Îles-de-la-Madeleine, présentée du 15 mars au 5 avril 2026. Vingt-cinq ans après Déranger l’Espace, événement initié par l’artiste Paul Grégoire qui a marqué durablement le site historique de La Grave et la mémoire collective, AdMare choisit de rouvrir un espace consacré à l’art performance comme pratique d’attention, de risque et de transformation.

En art performance, une manœuvre est un geste posé dans le réel : une action préparée mais jamais figée, qui s’ajuste au lieu, aux présences et aux imprévus. Elle ne produit pas un objet, mais une situation — un déplacement sensible, une rencontre, une brèche dans le quotidien.

Durant trois semaines, quatre artistes — Mila Figuet (Mtl), Ileana Hernández Camacho (Mexique/Mtl), Catherine Lalonde Massecar (Mtl) et Maxime Sauvage (Qc) — investiront ce temps et ce territoire. Leurs pratiques, bien que distinctes, partagent une même attention au geste situé. Elles explorent la colère comme mémoire vivante, le camouflage comme dialogue avec l’environnement, l’infiltration comme stratégie poétique, l’improvisation comme réponse à l’incertitude, ou encore la matière comme force politique. Ensemble, elles interrogent nos façons d’habiter un territoire fragile et traversé de tensions.

Développée en collaboration avec VIVA! Art Action (Mtl) et Le Lieu, centre en art actuel (Qc), dont l’expertise a accompagné l’appel à projets et la sélection des artistes, cette rencontre prend racine à l’Auberge La Butte Ronde. Lieu de vie, de recherche et de création, elle deviendra un espace d’expérimentation et de partage.

La résidence sera ponctuée d’ateliers publics, de moments de rencontre et de performances ouvertes, invitant la communauté à prendre part à ces manœuvres et à naviguer, ensemble, dans un monde en transformation.


CALENDRIER

Résidence
Du 15 mars au 4 avril 2026

Activités publiques

Atelier participatif/lecture/discussion sur le thème de la colère, proposé par Mila Figuet
Mercredi 18 mars, de 17h à 19h, en collaboration avec la Sentin'elle
information/inscription : 418-986-4334  ou info@lasentinelle.org


Atelier de manœuvres et de formules, proposé par Catherine Lalonde Massecar
Vendredi 20 mars, de 17h à 19h, à la librairie Flottille artisan·es libraires
information/inscription : em@admare.org ou message fb

Sortie de résidence

Jeudi 2 avril 2026 : Informations à venir



BIOGRAPHIES

crédit : Audrey Mainguy









MILA FIGUET est une artiste de performance basée à Tiohtià:ke/Montréal. Sa pratique utilise l’art comme outil d’action et de sensibilisation, en particulier face aux violences basées sur le genre. Ses projets incluent des performances participatives, des interventions publiques et des installations audiovisuelles. Mobilisant le corps comme lieu de mémoire, d’écoute et de transformation, elle interroge les structures de domination, les silences entourant la violence et explore les possibilités de guérison, de résistance et de réappropriation par l’art. Diplômée des beaux-arts avec une spécialisation en Intermedia (Vidéo, Performance et Arts Électroniques) à l’Université Concordia, elle a collaboré avec des institutions culturelles et participé à des résidences au Canada et à l'international.

Pour Manoeuvres, Mila Figuet propose un projet centré sur la colère, une émotion souvent stigmatisée mais porteuse de transformation individuelle et collective. Elle explore comment elle peut devenir langage politique, matière, énergie transformable ainsi que archive vivante, mémoire sensorielle et orale des injustices subies et des luttes des victimes. À travers un atelier participatif avec La Sentin’Elle, les échanges et les récits nourriront le développement d’une présentation performative à l’esthétique poétique et politique, conçue en dialogue avec le contexte insulaire et les expériences des participant·es, fidèle à la démarche d’écoute, d’adaptabilité et de réciprocité de Mila.

https://milafiguet.hotglue.me/


Ileana Hernández Camacho, Entre rumor & chisme 2024 – présent.








ILEANA HERNANDEZ est une artiste d’origine mexicaine, basée à Montréal depuis son adolescence. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2014) et une maîtrise en production artistique de l’UAEM (2024), à Cuernavaca. Sa pratique s’ancre dans la performance relationnelle et le camouflage humain, qu’elle aborde comme des stratégies sensibles d’écoute et de dialogue avec le territoire. À travers des vêtements et des objets du quotidien, elle transforme le corps en une surface de contact poétique, explorant les relations de réciprocité entre le vivant, l’inerte et les milieux aquatiques. Son travail a été présenté au Canada, au Mexique et à l’international.

Pour Manœuvres, Ileana Hernández propose le corps comme territoire liminal, traversé par des mémoires, des affects et des forces environnementales. Le camouflage agit comme moteur de la pratique : une méthode de survie et surtout une méthode d'empathie incarnée qui permet d’entrer en résonance avec des espaces façonnés: plages, falaises, zones humides et seuils entre terre et mer. Guidées par la répétition, l’intuition et le gozo, compris comme une joie politique et transformatrice, les actions performatives s’intéressent aux modes de protection de la réserve d’eau douce souterraine, fragile équilibre entre eau douce et eau salée, essentiel à la vie de l’archipel.

https://www.instagram.com/ile.huey.ileana/?hl=fr


CLM, Lexique pour une dramaturgie urbaine, 2024. Photo_Mimi Larose










CATHERINE LALONDE MASSECAR œuvre en arts interdisciplinaires depuis plus de quinze ans comme artiste-chercheuse et initiatrice de projets ancrés dans le réel, aux formes matérielles et immatérielles. Sa pratique oscille entre créations collaboratives avec des communautés du Centre-Sud de Montréal – où elle a fondé le Péristyle Nomade – et démarches d’expérimentation et d’infiltration menées en solo ou avec le Duo Massecar•d’Orion. Titulaire d’une maîtrise en théâtre de l’UQAM sur l’infiltration artistique en milieu urbain, elle a complété en 2024 un doctorat explorant la manœuvre opératique, afin d’intensifier la rencontre entre geste artistique et monde.

Pour Manœuvres, la recherche de Catherine s’inscrit dans une dynamique attentive aux manières d’habiter les lieux et d’y inscrire des gestes sensibles et politiques, en dialogue avec les personnes qui les traversent. Son laboratoire repose sur des postures interdisciplinaires, artistiques et non artistiques, afin de s’ajuster au réel et d’inventer de nouvelles formes de manœuvres à intégrer au quotidien. L’exploration du territoire débutera par une partition graphique guidant déplacements et observations, pour éprouver la porosité des frontières et imaginer des actions incarnées. Ce projet prolonge une démarche mêlant recherche, écriture, protocoles et conférence-manœuvre comme espace vivant de partage.




Maxime Sauvage, Déglaçage, 2024, Crédit : Johanne Bilodeau


















MAXIME SAUVAGE est un artiste indisciplinaire explorant l’art-action, l’installation, la sculpture et la vidéo. Il développe l’install’action comme méthode de mise en récit et de rencontre. À l’automne 2025, il a présenté Espérer faire tempête chez Regart, point culminant de son projet de recherche-création à la maîtrise en art visuel de l’Université Laval. Titulaire d’un baccalauréat en Beaux-Arts (sculpture) de l’Université Concordia et d’un diplôme en design de l’environnement de l’UQAM, Maxime a également étudié l’architecture à Dalhousie. Cofondateur de Limina, il a réalisé des résidences à la Fondation REDA, Engramme (LCSA) et poursuivra prochainement à La Charpente des Fauves, Sagamie et le 3e impérial.

En 2023, ses recherches sur le rapport ambigu à l’hiver ont conduit Maxime à explorer l’obsession des québécois·e pour le déneigement et l’usage massif de sel de déglaçage. Pour mieux en comprendre les effets et les logiques, Maxime a entrepris une série de manœuvres en récoltant plus de 150 kg de sel urbain, qu’il a séché, trié et transformé le considérant alors comme un agent politique, économique, culturel et géologique. En retraçant son parcours, de sa formation à son infiltration dans les aquifères, il a examiné les liens entre territoire, matière et extractivisme. Pour Manœuvres, Maxime Sauvage ramène ce sel aux Îles-de-la-Madeleine afin de créer des gestes sensibles et collectifs, explorant errance, sérendipité et rencontres fortuites avec le territoire et ses habitant·es.

https://www.maximesauvage.art/


PARTENAIRES

Conseil des arts et des lettres du Québec, Conseil des arts du Canada, Municipalité des Îles-de-la-Madeleine, Viva! Art Action, Le lieu centre en art actuel, Librairie Flottille artisan·es libraires et le regroupement des femmes la Sentin'Elle